F.Z. BENBIDA¹², S. MARHOUM¹², F. KACIMI¹², S. BENYACOUB¹², D.J. SELKA¹², C.H. EL MEZOUAR¹²
¹ Université Abou-Bekr Belkaid, Faculté de médecine de Tlemcen Dr Benzerdjeb Benouda ; ² Service de pédiatrie EHS mère-enfant Tlemcen
Introduction :
Les MICI dominées par la maladie de Crohn et la RCH sont de plus en plus diagnostiquées chez l’enfant ; leur présentation clinique est hétérogène et leur PEC thérapeutique reste complexe.
Objectif :
Décrire le profil épidémiologique, clinique, paraclinique et thérapeutique des MICI suivies dans notre service de pédiatrie.
Méthodes :
Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive réalisée dans le service de pédiatrie EHS mère-enfant Tlemcen sur deux (2) ans, de janvier 2024 à janvier 2026, basée sur des arguments cliniques, paracliniques, endoscopiques et histologiques.
Résultats :
14 patients ont été inclus ; dont 10 cas de MC et 4 cas de RCH, l’âge moyen au diagnostic était de 9 ans avec une prédominance féminine sexe-ratio à 0,7. Le motif de découverte était les diarrhées glaireuses avec douleurs abdominales dans 71 % des cas, les manifestations ano-rectales dans 22 % des cas et les hémorragies digestives dans 7 % des cas. Les signes cliniques sont dominés par la sensibilité abdominale, alors que les lésions anopérinéales étaient présentes chez 29 % des malades. Sur le plan paraclinique, le syndrome inflammatoire était quasi constant dans notre série d’étude, la calprotectine fécale était franchement élevée dans 65 % des cas. Les aspects endoscopiques et histologiques ont confirmé le diagnostic chez nos patients. L’entéro IRM a été demandée chez tous les MC montrant la présence de fistules dans 40 % des cas. Sur le plan thérapeutique, la rémission clinique a été obtenue grâce à : la NEC chez 60 % des malades et la biothérapie chez 40 % des malades pour la maladie de Crohn ; aux AINS chez la moitié des cas et la biothérapie chez l’autre moitié.
Discussion :
Dans notre série, on note une prédominance de la MC par rapport à la RCH, sur le plan épidémiologique, les MICI surviennent chez le grand enfant, d’où l’intérêt d’évoquer le diagnostic des MICI devant tout tableau digestif chronique chez l’enfant. Cliniquement, les manifestations digestives dominent, notamment les douleurs abdominales et la diarrhée chronique. Sur le plan paraclinique, le syndrome inflammatoire biologique est constant, l’endoscopie digestive avec biopsie reste l’examen clé pour confirmer le diagnostic et différencier les deux entités, l’entéro IRM a permis d’évaluer l’extension et les complications, surtout dans la MC. Sur le plan thérapeutique, notre stratégie repose sur l’induction et le maintien de la rémission par les immunosuppresseurs et la biothérapie.
Conclusion :
Les MICI de l’enfant restent des pathologies relativement rares mais leur fréquence semble en augmentation. Leur diagnostic repose sur une approche multidisciplinaire intégrant les données cliniques, biologiques et endoscopiques, une prise en charge adaptée permet d’améliorer l’évolution et la qualité de vie des patients.