I. AMROU, F. KHELFAT, A. KENFOUD, F. GUERROUCHE, S. SAADAOUI, A. MECHALI, M. ALOUANI, N. BOULEKHIOUT, M. MOUBRI, A. MEKKI
Service de pédiatrie B, CHU Nafissa Hamoud ex-Parnet, Alger
Introduction, objectifs :
La bronchiolite aiguë virale constitue la première cause d’infection respiratoire basse chez le nourrisson, avec une recrudescence hivernale marquée. Les formes sévères nécessitent une admission en réanimation pédiatrique. L’objectif de cette étude décrit les caractéristiques épidémiologiques, cliniques, thérapeutiques et évolutives de ces cas graves dans un service de réanimation pédiatrique algérien.
Sujets :
L’étude a porté sur les nourrissons âgés de moins de 24 mois admis en réanimation pédiatrique pour bronchiolite aiguë sévère, définie par la présence de signes de gravité respiratoire (tirage important, polypnée sévère, apnées, hypoxémie réfractaire à l’oxygénothérapie conventionnelle, troubles de la conscience ou difficultés alimentaires majeures).
Matériels et méthodes :
Étude rétrospective descriptive incluant les nourrissons < 24 mois admis en réanimation pédiatrique pour bronchiolite aiguë sévère au centre hospitalo-universitaire d’Hussein Dey (hôpital Pr. Nafissa Hamoud ex-Parnet) sur la période allant de janvier 2024 à janvier 2025.
Résultats :
18 cas inclus, sex-ratio = 2,6, âge médian : 2 mois. Pic saisonnier hivernal entre décembre-janvier : (61 % cas), contage familial (89 %). Prématurité (6 %), comorbidités (cardiopathie, dysplasie bronchopulmonaire) présentes (11 %). Les signes cliniques : difficultés alimentaires (66 %), tirage sévère (100 %), apnées (22 %). À la gazométrie : hypoxie dans 22,2 % et hypercapnie dans 44,4 %. Radiographie thoracique : hyperinflation/atélectasie (72 %). Support ventilatoire : CPAP/VNI (66 %) ou intubation (34 %). Durée médiane de ventilation est de 2 jours, séjour moyen en réanimation : 5,6 jours. Complications : surinfection (66 %), mortalité dans 27,8 %.
Discussion :
Cette étude confirme que la bronchiolite sévère touche préférentiellement les très jeunes nourrissons, avec une nette prédominance masculine. Le recours important à la VNI reflète l’adoption progressive de cette technique dans notre contexte, mais le taux relativement élevé d’intubation et de mortalité suggère une gravité importante à l’admission et/ou des retards dans la reconnaissance des signes de décompensation. La fréquence élevée de surinfections bactériennes souligne la nécessité d’une antibiothérapie raisonnée et d’une surveillance microbiologique stricte. Nos résultats sont comparables aux données de la littérature, sauf pour la mortalité qui reste élevée ainsi que le recours à la ventilation artificielle, ce qui témoigne d’une sévérité plus marquée, probablement liée à des facteurs socio-économiques, un accès parfois retardé aux soins et une prévalence plus élevée de comorbidités dans les formes admises en réanimation.
Conclusion :
La bronchiolite sévère en réanimation pédiatrique touche préférentiellement les nourrissons jeunes avec facteurs de risque. La prévention (mesures hygiéniques, nirsevimab chez vulnérables) et la reconnaissance précoce des signes de gravité restent essentielles pour réduire la mortalité.